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Le béton, futur roi de la flexion?

C’est bien connu, le béton n’est pas un matériau réputé pour sa bonne résistance à la flexion. Toute personne qui a un jour dû dimensionner ou mettre en œuvre du béton dans des conditions particulières a toujours dû faire face à la grande fissuration du béton face à la flexion. Cette fissuration peut créer des désordres très importants dans des milieux agressifs et aller jusqu’à mettre en péril la structure. Voilà pourquoi Eugène Freyssinet développa, il y a plus de 80 ans, la précontrainte qui permet de réduire énormément le phénomène de fissuration. Mais avons-nous d’autres solutions pour éviter les maudites fissures ?

 

Le béton élastique

Le MDF (macrodefect free) cement ou aussi appelé béton élastique est un composé chimique contenant de l’eau, du ciment ainsi qu’un polymère principalement des dérivés d’alcool polyvinylique. Ce mélange se fait avec des appareils bien particuliers, il est malaxé avec un mixeur composé de deux cylindres concentriques tournant à la même vitesse et présentant un glissement élevé. Le polymère est quant à lui ajouté en proportion de 5 à 10% en tant qu’additif, il confère alors sa grande résistance à la flexion au béton, allant jusqu’à multiplier par 10 la résistance à la flexion d’un béton ordinaire. Pour de mêmes charges appliquées, on aura donc besoin du 10e de l’épaisseur habituelle pour résister à ces charges et éviter une trop forte fissuration.
En ce qui concerne la fabrication, le béton est formé avec des techniques usuellement utilisées pour les polymères soit par moulage ou extrusion et non dans des moules de préfabrication classiques.
Cette fabuleuse résistante à la flexion le rend particulièrement attrayant dans des zones où les séismes sont courants pour fonder les bâtiments sans avoir à mettre en oeuvre des techniques plus complexes.

 

L’innovation tchèque

Ce procédé est connu depuis déjà près de 50 ans, mais malgré ses caractéristiques fascinantes en faisant un atout majeur dans les zones à haute sismicité il possède un désavantage majeur : sa très mauvaise résistance en zone humide. Enormément de chercheurs avaient donc abandonné leur recherche sur les MDF car ce problème se révélait infranchissable, pour autant en janvier 2013 des chercheurs tchèques de l’Université de Brno ont réussi à grandement améliorer sa résistance à l’humidité, rendant ce béton beaucoup plus viable. Les chercheurs tchèques ont réussi à adapter et à modifier le polymère pour qu’il conserve sa rigidité, au minimum 90% de celle-ci, tout en restant à long terme immergé dans de l’eau.

 

En poursuivant leur recherche et en s’acharnant les chercheurs tchèques de Brno ont démontré que la persévérance mène aux résultats et grâce à eux, aujourd’hui, les fondations des futures tours au Japon pourront avoir une résistance plus élevée sans mettre en oeuvre des technologies trop complexes.

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