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Interview : Autodesk fait la lumière sur sa stratégie BIM

@Autodesk
E mmanuel Di Giacomo, responsable du développement des écosystèmes BIM en Europe chez Autodesk, à répondu à nos questions sur le développement du BIM et sur la numérisation du secteur de la construction de manière générale.

I2B : Pensez-vous grâce à l’ensemble de vos solutions (BIM et 360 °) répondre à tous les principaux problèmes rencontrés dans le cadre de la collaboration sur des projets de construction ?

La construction est un secteur mondial vital et son importance est amenée à s’accroitre. Il n’y a qu’à regarder les chiffres : ce secteur représente 10 % du PIB mondial (14,7 % d’ici 2030) et 12 % de la main-d’œuvre mondiale. Sans lui, il n’y aurait pas de magasins, de bureaux, de routes, d’usines, d’écoles, d’hôpitaux… Sans compter les enjeux de taille liés au respect de l’environnement et construction durable qui restent à relever.

Aujourd’hui, alors que les technologies modifient la façon dont les bâtiments et infrastructures sont conçus et construits, Autodesk propose un ensemble complet de technologies BIM. Nous intégrons la technologie et les plateformes qui relient les concepteurs et les constructeurs non seulement à travers un modèle numérique, mais au travers de projets, d’équipes, des résultats reliés entre eux.

Notre solution BIM 360 Docs en est une bonne illustration. Il s’agit un service « cloud » très complet assorti d’un espace de travail virtuel permettant de consulter, de gérer, d’annoter et de partager des documents, plans et autres modèles 2D et 3D de projets de construction. Quand on sait que 25 % des projets de construction font l’objet de remaniements et qu’environ 10 % des ressources sont gaspillées, principalement en raison des erreurs que peut occasionner la gestion de centaines de milliers de documents, on comprend mieux les besoins en outils performants des acteurs du secteur de la construction. Une façon idéale de réduire les risques et le nombre d’erreurs, et ainsi contribuer à respecter les délais de livraison des projets de construction.

I2B : Pensez-vous que vous avez tout de même des points à améliorer ? Sans avouer une de vos faiblesses (si vous en avez), mais quels sont les points sur lesquels vous vous concentrez le plus aujourd’hui ?

Nous travaillons sans cesse à l’amélioration de nos outils et nous les faisons évoluer pour essayer d’être en avance sur les tendances du marché. Cela couvre autant les aspects technologiques que collaboratifs qui sont essentiels pour l’évolution du futur de notre secteur.

I2B : Parlons maintenant de vos points forts : quels sont pour vous les 3 points essentiels qui font que vos solutions collaboratives (BIM, etc.) d’Autodesk sont meilleures que les autres ?

Nos solutions collaboratives sont différentes de celles disponibles sur le marché :

Autodesk adopte une approche holistique des logiciels de construction, contrairement à d’autres qui fournissent des outils ou une application pour la conception, une autre pour l’estimation, une pour la gestion de projet, ou encore pour la mise en service. Autodesk fournit tout cela (et plus encore) dans un flux de travail connecté qui garde tout le monde au même niveau d’information. Cela réduit les risques et améliore la prévisibilité. Grâce à notre plateforme Revit, différents acteurs d’un projet ont la possibilité de travailler ensemble, en temps réel, et ce même pour du BIM niveau 3.

La simulation et l’analyse sont déportées sur le « cloud » sont un autre élément différenciateur de notre offre.

La grande majorité de nos applications sont ouvertes au développement d’API(s). Les acteurs locaux peuvent ainsi développer des applicatifs propres aux besoins du marché.

Enfin, Autodesk est engagée en faveur de l’interopérabilité, de l’openBIM® et du standard IFC. Nous sommes certifiés IFC par buildingSMART International, l’organisation qui développe et gère le standard IFC. La majorité de nos applications pour le secteur de l’AEC (Architecture, Ingénierie, Construction) permettent d’importer et d’exporter au format buildingSMART International.

I2B : On reproche souvent au gros mastodonte dans chaque secteur de n’être pas assez innovant contrairement aux multiples « startups » qui poussent à l’innovation.
Dans votre secteur vous sentez vous confronter à ce problème ? Est-ce pour vous un problème, ou justement une opportunité de collaborer avec des jeunes (ou moins jeunes) entreprises innovantes ?

L’innovation est au cœur de nos valeurs — mais pas l’innovation pour l’amour de l’innovation. Au plus haut niveau, Autodesk aide nos clients à imaginer, concevoir, et créer un monde meilleur, mais aussi à aider à relever leurs plus grands défis d’aujourd’hui. Notre vision est de démocratiser l’innovation afin que nos clients aient facilement accès à la technologie la plus puissante qui les aide à innover et à tirer parti des nouvelles possibilités — que ce soit pour l’amélioration des processus dans une entreprise ou l’amélioration d’un projet, nous sommes le partenaire de l’innovation pour le secteur de l’AEC.

Côté innovation interne, nous sommes par exemple, parmi les seuls éditeurs sur le marché à proposer le déport de calcul sur le « cloud ».

Autre exemple : notre capacité à proposer des offres en mode « SaaS » avec Autodesk FormIt. Il s’agit d’une application mobile gratuite qui permet aux professionnels de la conception de bâtiment de conceptualiser, d’analyser et de partager leurs premières idées et formes de dessins. Disponible sur iPad, FormIt permet aux utilisateurs, quelle que soit leur expertise, de saisir numériquement leurs premières idées de design de bâtiment et de soutenir le workflow BIM dès les premières intentions de conception.

Nous anticipons également beaucoup sur les besoins de demain. Les produits et services de la gamme BIM 360, basée sur le « cloud », en sont des bons exemples. Notre offre tarifaire (abonnement, mais aussi les offres limitées dans le temps) est aussi innovante et anticipe les besoins du marché (voir question 9).

Autodesk collabore également avec des startups et a signé des accords avec des entreprises. Nous avons récemment annoncé une collaboration avec 3D Robotics autour de la plateforme Scan Site. Ce système conçu par le fabriquant de drones comprend un drone 3DR Solo, une caméra Sony UMCR10C ou une caméra GoPro Hero4 Black, une tablette Sony Xperia Z4 avec l’application Scan Site et les droits d’utilisation d’Autodesk Cloud pour le traitement et l’édition d’image. Les entreprises peuvent utiliser le système pour des missions automatiques ou des missions interactives sur un site de travail. Toutes les données recueillies par le drone sont stockées dans le « cloud » de 3D Robotics et envoyées vers Autodesk Cloud pour analyse.

I2B : Pensez-vous que le BIM est l’avenir de l’architecture et de la construction et que c’est une révolution ? Ou simplement un outil supplémentaire simplifiant la collaboration à tous les niveaux et ainsi permettant d’optimiser l’opérationnel.

Nous ne considérons pas le BIM comme un outil, mais comme un processus collaboratif. Il intègre entre autres une représentation numérique 3D d’un bâtiment avec de l’information associée par discipline, mais pas que… Il suppose la mise en place d’une méthode de travail collaborative qui s’appuie sur des logiciels de modélisation intégrant la notion d’objets métiers. La maquette numérique BIM permet aux différents intervenants de bénéficier d’une même base de données (au-delà de la simple représentation géométrique) pour la conception, l’exécution, la gestion et la maintenance du bâtiment ou de l’infrastructure.

Chez Autodesk, nous aidons le secteur du BTP à entrer dans une nouvelle ère — celle du tout connecté — dans laquelle une série de tendances technologiques comme le « cloud computing », l’impression 3D, l’Internet des objets, et plus encore, convergent pour changer radicalement la façon dont l’industrie imagine et conçoit les bâtiments et les infrastructures dans le monde.

Tout comme dans les autres secteurs, le numérique bouleverse le marché de la construction. Le passage vers cette nouvelle ère nécessite de s’appuyer sur une base solide, soit le BIM. Il peut apparaitre comme une révolution pour certains. Notre rôle est de démocratiser l’accès aux technologies qui font le BIM en partie, mais aussi de former les professionnels comme la future génération.

I2B : Pensez-vous que les éditeurs sont arrivés à une certaine maturité dans les solutions qu’ils proposent, ou reste-t-il encore des efforts à faire ?

Chez Autodesk, nous améliorons sans cesse nos outils et nous les faisons évoluer pour essayer d’être en avance sur les tendances du marché. Ainsi, nous intégrons directement dans nos produits des innovations qui peuvent venir d’autres secteurs, par exemple du monde du divertissement. Notre moteur de jeu et de rendu 3D en temps réel Stingray est tout aussi intéressant pour le monde de l’AEC que pour les développeurs de jeux. L’utilisation d’un modèle Revit dans Stingray aide à visualiser, tester et comprendre une conception bien avant sa réalisation. Vous pouvez rapidement recevoir des retours, non seulement sur ce que les gens pensent en termes d’apparences intérieures et extérieures, mais également sur leur comportement dans l’environnement prévu.

I2B : Que répondez-vous au détracteur d’Autodesk quant au format « . rvt » et à votre ouverture vers le format IFC 2×3, l’exportation de manières générales ?

Selon nous, le futur de l’industrie de l’AEC passe par l’interopérabilité et l’openBIM. L’interopérabilité est au cœur de l’approche d’Autodesk qui soutient depuis plus de 20 ans l’openBIM de buildingSMART International (bSI), aidant ainsi les professionnels à s’adapter et à gérer d’importantes ruptures technologiques telles que le BIM.

Grâce à cette approche collaborative, les équipes projet peuvent utiliser des systèmes et des applications qui sont les plus adaptés à leurs besoins, travailler ensemble et échanger librement les données de conception et de construction. Inversement, les systèmes propriétaires contraignent les équipes à utiliser une solution logicielle de fournisseur unique qui pourrait ne pas être la mieux adaptée à la tâche à accomplir.

En tant que membre fondateur de bSI, initialement appelé l’« Alliance Internationale » pour l’Interopérabilité et fondée en 1996, notre travail dans le cadre du Comité consultatif stratégique de bSI et son Comité des normes a été de conduire l’interopérabilité dans le secteur de l’AEC.

En 2011, pour démontrer une nouvelle fois son engagement envers l’openBIM, Autodesk a lancé sa propre boite à outils IFC open source, qui a atteint plus de 100 000 téléchargements à ce jour. On peut également citer :

  • le plus grand nombre de produits certifiés IFC pour un seul éditeur ;
  • l’outil d’import/export IFC pour Autodesk Revit en open source ;
  • le standard IFC implémenté dans les produits comme Revit, InfraWorks 360, Navisworks & BIM 360 Glue ;
  • la certification rigoureuse IFC 2×3 Coordination View 2.0 ;
  • la mise à disposition du format DXF.

I2B : Depuis 2015, l’OS 32 bits de Windows n’est plus supporté par Revit. Pour quelles raisons ?

Les études de marché indiquent que la grande majorité des stations de travail sont déjà passées sur l’OS 64 bits. Nous essayons donc de nous adapter à la réalité du marché, mais aussi d’apporter la meilleure performance à nos utilisateurs.

I2B : Pourquoi l’arrêt de commercialisation des licences perpétuelles Autodesk ? (Et le passage au paiement à l’usage ?)

Nos méthodes de conception et de fabrication évoluent : la mutation des méthodes de production, dans la demande et les produits bouleversent toutes les industries. Autodesk adhère totalement à cette nouvelle donne et adapte son modèle afin que nos clients puissent s’adapter aux évolutions de leur environnement métier avec plus de souplesse et à moindre cout.

Depuis le 1er février 2016, Autodesk a cessé de commercialiser des licences perpétuelles pour la plupart de ses logiciels individuels, et ceux-ci sont désormais accessibles sur abonnement. Au 1er aout 2016, ce seront les suites Autodesk Design et Creation Suites qui évolueront vers des options d’abonnement pour offrir plus de flexibilité aux clients. L’abonnement simplifie l’expérience de l’utilisateur, réduit les coûts initiaux et permet de payer à l’usage les produits et services « cloud » d’Autodesk sous forme d’abonnement pluriannuel, annuel, trimestriel ou mensuel.

I2B : Quand sera-t-il pour les versions éducatives ?

L’accès à notre portefeuille de logiciels est gratuit pour les enseignants depuis de nombreuses années, et depuis octobre 2014 pour les écoles — incluant les étudiants. En France, cela représente un investissement de 68 millions d’euros engagé auprès de 11 500 écoles, soit plus de 7 millions d’étudiants français.

I2B : Pensez-vous que le BIM, au sens large, nécessite des compétences particulières ?

De façon générale, nous considérons que l’éducation est clé.

Une formation est indispensable pour s’approprier correctement une solution logicielle BIM ou AEC. Notre réseau de partenaires agréés AEC est compétent en la matière pour former les professionnels. Nous avons aussi un service appelé Autodesk Consulting qui aide les grandes entreprises à passer d’une méthodologie CAO à un processus BIM.

Autodesk accompagne également les écoles et la formation continue en supportant par exemple le mastère BIM de l’ESTP et l’ENPC. D’autre part, nous formons depuis plusieurs années, dans les académies, les professeurs des filières professionnelles et STI afin de préparer la nouvelle génération. Il est primordial qu’au niveau local, nous mettions tout en œuvre pour soutenir et nourrir cette appétence en développant une main-d’œuvre qualifiée dont la société aura besoin pour réussir dans l’avenir.


Pour aller plus loin, une video des projets clients Autodesk AEC 2016

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